Portrait d’Emmanuelle, notre éleveuse de volailles et de porcs

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Emmanuelle CERVELLI, notre productrice de volailles et de porc, nous a reçus ce 10 août 2020 avec son mari Vivien sur son exploitation conduite en BIO.

Dénommée « Ma p’tite ferme au moulin », cette appellation a tout son sens du fait que, sur cette propriété située au bord de la rivière de Chaméane, se tenait le moulin Borel, qui a d’ailleurs laissé son nom au lieu-dit. Ce moulin à grains appartenait au grand-père de Vivien et on peut encore voir la grande roue à aubes métallique adossée au pignon du bâtiment.

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C’est dans ce décor paisible et bucolique qu’Emmanuelle va nous donner toutes les explications concernant la marche de leur exploitation qui, depuis 2 ans maintenant, redonne une nouvelle vie au moulin Borel.

Emmanuelle nous expose d’abord la configuration de l’exploitation entre ses différents secteurs : ceux consacrés à la volaille, d’autres pour les cochons et le reste pour brebis et agneaux. Tout cela est actuellement en pleine restructuration avec la construction prochaine d’un « tunnel » pour abriter brebis, bottes de paille et de foin, et l’extension des parcs à cochons dans des zones boisées.

Les volailles ouvrent la voie !

Nous commençons par les pionnières dans le renouveau du lieu et, parmi elles, par la toute jeune génération : 220 poussins, d’un peu plus d’une quinzaine de jours, occupent une coquette poussinière leur offrant des conditions optimales de développement : température régulée dont la valeur est abaissée au fil du temps (à partir de 31°C les 2 premiers jours), bonne ventilation mais sans courant d’air, litière de bonne qualité et fréquemment entretenue, …

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Cette petite population piaillante, achetée par Emmanuelle à 1 jour, se compose de  « blanc à chair jaune » et de gris « coucou de Rennes », ces derniers constituant une première pour « Ma p’tite ferme au moulin ». Le changement de domicile ne se produira qu’une fois atteint l’âge de 5 semaines en été et 6 semaines en hiver.

 

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Nous visitons ensuite le domaine des « adultes » : un nombre d’individus sensiblement identique à celui des poussins, habitant un poulailler pas vraiment dépaysant de la poussinière !  Toutefois il y a une différence essentielle : des ouvertures libres vers un vaste espace de plus de 1000 m² ! Chez Emmanuelle, nous sommes même au-delà des exigences de la certification BIO qui imposent un minimum de 4 m² par poulet.

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Ce grand terrain permet aux poulets d’avoir un comportement naturel : picorer dans l’herbe à la recherche de vers et gratter le sol nu pour s’asperger de poussières protectrices contre les parasites.

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Par une journée estivale comme ce 10 août, la recherche d’ombre fait aussi partie de leurs objectifs !

Dans les projets d’Emmanuelle et Vivien, figure d’ailleurs un second poulailler avec son terrain associé au bord de la rivière où il est prévu de planter des arbres pour contribuer au bien-être de leurs pensionnaires. La nuit, ce sont d’autres problèmes car l’environnement devient potentiellement plus menaçant : parmi bien d’autres, le renard est susceptible de rentrer en scène et il convient de tenir tout ce petit monde fermé dans le poulailler.

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Quant à l’alimentation, la nourriture trouvée sur le terrain ne suffit évidemment pas : l’essentiel est apporté par Emmanuelle et il est constitué de blé, triticale, tourteau d’oléagineux (résidu solide après extraction de l’huile), pois et avoine. Un complément est apporté sous forme de granulés, mélange de protéines, oligo-éléments et vitamines, destiné à réduire les risques de maladie. Inutile de préciser que tous ces produits sont certifiés BIO !

Ces conditions de vie idéales, en tout cas par rapport à celles des élevages intensifs, ont bien sûr une fin et vers l’âge de 120 jours il faut penser à l’abattage. C’est un trop long et coûteux trajet puisque l’abattoir certifié BIO le plus proche est à… Gannat dans l’Allier! De ce fait, Emmanuelle est contrainte de faire abattre une centaine d’individus à la fois.

Les cochons suivent…

Après la visite des poulaillers, Emmanuelle et son mari nous emmènent à l’enclos des cochons qui se trouve à quelques centaines de mètres, entre bois et ruisseau.

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Emmanuelle_ph20Emmanuelle_ph21Pour les appeler, Emmanuelle les siffle et… ça marche!

Notre productrice se déclare « naisseur-engraisseur », c’est à dire que les mères font leurs petits à la ferme où ils seront ensuite élevés. Une truie fait entre 7 et 12 petits, en moyenne 8 ce qui est moins que dans les élevages en batterie.

L’élevage d’Emmanuelle se compose actuellement de 27 cochons dont :
- 14 petits nés en juin qui seront élevés « à leur rythme » (c’est à dire sans chercher à obtenir une prise de poids ni plus rapide ni plus importante) pendant 15 à 18 mois.

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- 2 truies reproductrices  dont l’une est à nouveau pleine

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- 1 verrat dont le poids atteint les… 400 kg!Emmanuelle_ph26

Quatre races sont représentées: Duroc (race du verrat), Gascon (cochons tout noirs), Cul-noir (cochons roses avec 2 grandes plaques noires à la tête et au… cul!), Pietrain (cochons roses à tâches noires).

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Leur nourriture se compose d’ensilage de maïs (maïs sur pied broyé et mis en botte) et d’un mélange de farine de blé, maïs et tournesol. Les animaux complètent ce menu par des noisettes qu’ils trouvent dans le bois et dont ils sont très gourmands.

Emmanuelle_ph29L’élevage d’Emmanuelle nous démontre que la réputation de saleté des cochons est une idée fausse : certes ils ont besoin d’eau et de se rouler dans la boue pour se débarrasser de leurs parasites. Quant aux excréments, ils prennent soin de toujours les déposer dans un endroit particulier de leur enclos. En conséquence, cet élevage ne produit quasiment aucune nuisance olfactive.

Les cochons ne transpirent pas et ceux à peau blanche sont sujets aux coups de soleil, ils ont donc un réel besoin d’ombre à la saison estivale.

Emmanuelle_ph30Toutefois la spécificité la plus remarquable de cet élevage est le rapport qu’Emmanuelle entretient régulièrement avec ses cochons, semblable à celui qu’on a avec un animal de compagnie comme le chien : chacun ayant un tempérament particulier se voit attribuer un nom et les caresses sont visiblement très appréciées par tous !

Mais cette belle vie se termine fatalement à l’abattoir ! Comme Gwladys, Emmanuelle fait alors appel aux services de la S.E.A.B. (Société d’Exploitation des Abattoirs de Brioude) certifiée AB, puis, pour la découpe de la viande et son conditionnement sous vide, à la S.A.R.L. Paysans bio d’Auvergne également installée à Brioude. Contrairement à la viande de bovins, il n’y a pas nécessité de période maturation au froid après l’abattage. Quant à la première livraison à l’AMAP de Ceyrat, elle reste prévue le 5 novembre prochain !

Pour terminer, Emmanuelle revient sur leurs projets d’aménagement : actuellement les cochons sont regroupés sur un seul « site »  mais une extension des enclos est prévue prochainement vers le bois (qui sera conservé) et le pré voisins. L’exploitation d’Emmanuelle et Vivien occupant une surface totale de 7 hectares et demi, pour éviter la consanguinité, la gestion des cochons se fera alors sur 2 sites avec 2 verrats.

Merci à Emmanuelle et Vivien pour l’accueil, la présentation de l’exploitation et la patience pour répondre à nos questions de citadins !

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